De la futilité de toujours vouloir être plus – Léo Babauta

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Dans son article intitulé The Futility of Always Pushing Myself to Be More, Léo Babauta aborde les thèmes de l’estime de soi, et des envies multiples  qui assaillent régulièrement les multipotentiels . Le texte qui suit en est la traduction.


Texte de Léo Babauta

Ces huit dernières années, j’ai vécu un tiraillement intérieur : entre vouloir m’améliorer et vouloir être satisfait de moi-même.

Pour être honnête, je n’ai pas complètement trouvé comment résoudre ce problème. Mais je continue à y travailler.

Quelle est l’origine de ce tiraillement intérieur ?

Eh bien, quand j’ai lancé mon blog il y a plus de huit ans, je venais de travailler pendant plus d’un an sur le fait de changer toutes mes habitudes, avec beaucoup de  succès.

Et tous ces changements étaient nés de mon insatisfaction personnelle. J’ai réussi beaucoup de choses, mais cette insatisfaction chronique était toujours présente.

Aussi j’ai commencé à travailler sur le fait de devenir plus satisfait de moi-même. Cela supposait d’accepter beaucoup de choses me concernant, d’apprendre à apprécier ce que j’ai, d’apprendre sur le concept du « assez » au lieu de vouloir toujours faire plus, être plus.

Cette idée d' »être déjà suffisamment bien » m’a permis d’être plus heureux.

Mais voici ce que j’ai appris récemment :

Le conflit interne n’a pas disparu.

Chaque jour, j’ai des envies de poursuivre un objectif : courir un ultra-marathon, faire un défi sportif, avoir de supers abdos, apprendre une nouvelle langue, apprendre la programmation ou la guitare, voir le monde, et plus encore.

Il n’y a rien de mal avec ces envies. Elles sont naturelles, elles font partie de la vie humaine, et elles peuvent mener à de bonnes choses.

Ces envies ne prennent jamais fin.

Je veux toujours être plus. Je ne suis jamais satisfait. Quand est-ce que cela suffira ? Quand est-ce que je serai heureux de qui je suis ?

Les envies ne sont pas basées sur quoi que ce soit de significatif.

Elles viennent de la lecture d’un magazine, ou d’un blog, et je pense « Oh, ça serait cool ! ». Je lis des listes de choses que je devrais faire un jour, des endroits où je devrais aller, des succès que les autres ont obtenu… et l’idée me vient que je devrais le faire aussi. Hé, cool, si on poursuivait tout à coup un nouvel objectif !

Mais ce nouveau fantasme mental n’est pas basé sur une chose qui compte, simplement sur une image mentale cool de ma vie qui deviendrait super quand j’aurai atteint cet objectif.

Ma vie n’est pas plus incroyable après avoir atteint cet objectif.

J’apprends toujours quelque chose de ces objectifs, mais le résultat n’est pas la vie que j’avais imaginée.

J’ai couru un ultra-marathon, réussi des défis sportifs, je suis devenu plus mince, j’ai appris un peu de programmation…Mais ma vie n’est pas meilleure. Le fantasme n’est jamais devenu réel.

L’objectif ne résulte pas en quoi que ce soit de significatif.

Poursuivre ces succès, toujours chercher à m’améliorer, cela n’apporte rien qui donne du sens à ma vie. Ce ne sont que des fantasmes, cela ne crée rien de significatif.

Le sens est tout ce qui compte.

Même si poursuivre ces objectifs et devenir plus comme je viens de dire ci-dessus ne crée pas vraiment de signification dans ma vie, ce sont les objectifs eux-mêmes qui créent cette signification.

Écrire ce blog et aider mes lecteurs a du sens, parce que j’aide les autres à être plus conscients, à avoir de meilleures habitudes, à être contents.

Faire des activités avec mes enfants a du sens, parce que je les aide à se sentir aimés.

Écrire un nouveau livre a du sens, parce que c’est fait par amour pour les lecteurs. Ces choses valent le fait qu’on les poursuive.

Je peux regarder et laisser aller.

J’ai appris récemment que je peux voir ces envies d’être plus, d’atteindre quelque chose de cool, et simplement les regarder émerger.

Je ne peux pas contrôler ces envies, mais je peux en être conscient.

Et je peux aussi réaliser qu’elles ne vont pas m’apporter de signification, que ce ne sont que des fantasmes, et je peux alors les laisser aller.

Ce n’est pas toujours facile de les laisser aller, mais ce qui a fonctionné a été de réaliser que m’attacher à ces améliorations dénuées de sens n’a jamais résulté en ce que j’espérais, et que j’ai passé des mois et des années de ma vie à poursuivre ces choses au lieu de créer une véritable signification.

Je n’ai pas toutes les réponses, mais je réalise qu’il me reste un temps limité à vivre et que je veux le passer à poursuivre ce qui a du sens, pas ce qui semble brillant et cool.

Auteur : Léo Babauta (05 mars 2015)

Cet article est une traduction de l’article The Futility of Always Pushing Myself to Be More de Léo Babauta. En savoir plus sur Léo Babauta via son blog zenhabits.net ou son site leobabauta.com

Son ouvrage The Power of Less a été traduit en français par L’art d’aller à l’essentiel  et publié aux Editions Leduc-s.

Traduction Brigitte pour Horizoom

Illustration © morosphinx – Flickr

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