Slashers et autres mutants sociaux

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Avoir plusieurs métiers en parallèle : conséquence de la crise, spécificité d’une génération, phénomène de société, typique de notre société en mutation ?
 

Slasheurs : une particularité contemporaine multicausale

On attribuait abusivement aux trentenaires, il y a peu, la spécificité d’être slasheurs (avoir plusieurs métiers). Abusivement parce qu’ils sont loin d’être les seuls à être multifonctions, pluridisciplinaires et multimétiers.

Si leurs aînés ont souvent fait des choix délibérés de cumul d’activités, aujourd’hui cela devient une nécessité économique comme dans les jeunes pays, tel Israël ou les pays émergents, et plus récemment aussi en Occident. Déjà, durant les périodes de guerre le cumul des métiers permettait de survivre à une époque où le chômage et les aides sociales n’existaient pas.

Explorer plusieurs vies en une : une quête de sens

C’est d’abord la curiosité, l’envie d’explorer plusieurs vies en une seule qui pousse des personnes à accumuler des métiers convergents et parfois très différents. C’est aussi la quête de sens, les crises existentielles, souvent écho des crises sociétales, qui conduisent à changer de vie, voire radicalement, parfois en modifiant totalement sa trajectoire, parfois, en cumulant des activités. Cela repose sur l’envie de se réaliser au cours de son existence et au travers de son activité professionnelle. Croquer la vie à pleine dents.

Slasheur : un facteur d’employabilité

La complexification de notre monde entraîne aussi l’accumulation de compétences.

Il y a encore 20 ans, la maîtrise des logiciels informatique pouvait être optionnelle, aujourd’hui elle est un pré-requis dès l’école. Parler l’anglais est aussi une évidence, un minimum minimorum, avec le chinois et l’arabe de nos jours, c’est quand même mieux. Ainsi les compétences s’empilent pour démonter d’une employabilité pérenne.

Alors, chacun peut devenir à coté de son quotidien rémunéré : blogueur/ community manager/ flashmobeur/ réseauteur et j’en passe. Depuis le statut d’auto-entrepreneur, les salariés sont légions à s’être lancés dans l’aventure de la création d’entreprise à risque modéré. Et cela conduit à rencontrer un ingénieur la journée et masseur le soir ou une chimiste salariée la semaine et consultante occasionnelle en temps partiel.

Dans certains cas les métiers sont complémentaires et dans d’autres ils permettent d’exprimer un rêve, d’oser concrétiser une passion.

Slasheur : une meilleure capacité de rebond

Avoir plusieurs métiers face à la crise est aussi un atout car lorsqu’une activité est en baisse, il est possible de rebondir avec une autre. Les compétences différentes requises par plusieurs métiers, surtout s’ils ne sont pas trop proches élargissent les capacités cognitives, développe différents réflexes, facilite la flexibilité et l’adaptabilité.

Enfin et surtout, cela maintient la personne en activité donc dans une ou plusieurs compétences, critères essentiels en situation de chômage ou de transition. Le slasheur est déjà alerte et agile dans son esprit et ses engagements et activités, il sera d’autant plus flexible pour de nouvelles opportunités professionnelles.

Slasheur : une réponse à un air du temps shizophrénique

Par ailleurs, dans cet air du temps schizophrénique, il n’est guère surprenant que les personnes puissent se sentir soit écartelées entre plusieurs priorités, actions, groupes de travail, engagements bénévoles et métiers cumulés, soit à l’inverse enrichies par cette multiple activité.
Cette période effervescente que nous traversons (changement de paradigme de société) s’accompagne d’une pléthore d’initiatives, d’entreprises, d’alternatives et parfois celles-ci se cumulent.

C’est d’autant plus flagrant dans le monde des chercheurs de nouveaux modèles de société. Ils vont se former à toutes sortes de nouveaux métiers : permaculture, logiciel de partage d’information (wiki) ou de monnaies, apiculteur citadin… et soit opérèrent une transformation irréversible de leur vie, soit cumulent et s’épanouissent à réunir en une vie rêves et réalité.

Créatifs culturels dans l’âme, ils explorent de multiples voies comme autant d’espaces à défricher dans lesquels va germer le monde de demain.

A qui le tour, pour le plaisir ou par nécessité?

 

Auteur de l’article : Christine Marsan

Psycho-sociologue de formation, executive coach, consultante en accompagnement aux changements. Maïeuticienne des organisations : elle accompagne les mutations, facilite les transformations. Elle est aussi écrivain et essayiste. Elle a publié 20 ouvrages dont quelques collectifs S’approprier les clés de la mutation et dernièrement L’Intelligence Collective. Spécialiste de la mutation, Christine accompagne les organisations pour développer une culture durable, une gouvernance éthique et responsable, en sachant donner du sens, en encourageant l’autonomie, la coopération, la vitalité d’entreprendre et la réussite collective. Pour en savoir plus

Cet article de Christine Marsan a été initialement publié au Cercle des Echos sous le même titre « Slashers et autres mutants sociaux ». Vous trouverez de nombreux article de Christine sur Coaching Avenue

 

Illustration : Flickr /  Benjamin Esham / Lego Bricks

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